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 Bienvenue sur mon blog "AUX 2 TABLES", où nourritures terrestres et nourritures célestes se côtoient. Sentez-vous libre de grignoter, goûter, déguster l'une ou l'autre selon votre appétit...

vendredi 19 août 2016

Saint Jean Eudes



Ses parents qui ne peuvent pas avoir d'enfants, accomplissent un vœu en allant en pèlerinage à la chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance où ils consacrent leur futur enfant à Notre-Seigneur et à Notre-Dame. Jean Eudes vient au monde le 14 novembre 1601, à Ri en Normandie près d'Argentan. (3 ans après l’Édit de Nantes.) Son père, d’une famille de paysans,  était tout à la fois laboureur et chirurgien de village. 
Jean, le futur saint,  sera finalement l’aîné de sept enfants, trois garçons et quatre filles.


A l'âge de douze ans, il fait vœu de chasteté et glisse un anneau au doigt d'une statue de la Vierge Immaculée pour qu'elle devienne son épouse. Se donnant tout à elle dans un amour exclusif, il l'implore qu'elle veuille bien en retour se donner toute à lui.

Il entre à l'Oratoire en 1623 et est ordonné prêtre en 1625 ; Pierre de Bérulle le remarque rapidement. Il est envoyé en « missions », et ses prêches touchent les cœurs et convertissent les Français. Il répand la prière commune matin et soir dans les familles, la récitation du chapelet, pousse à la communion fréquente. Et pour clore les missions, il invente les « feux de joie » !

« Sortez, sortez de ce sale et horrible torrent du monde, de ce torrent des épines qui vous entraîne dans le gouffre de la perdition ; et venez vous perdre saintement dans les douces eaux de ce fleuve de paix et ce torrent de délices. 
Hâtez-vous ! Qu'est-ce que vous attendez ? Ne savez-vous pas que c'est Jésus qui a fait le Cœur de Marie tel qu'il est, et qui a voulu en faire une fontaine de lumière, de consolation et de toutes sortes de grâces pour tous ceux qui y auront eu recours dans leurs nécessités ? 
Ne savez-vous pas que non seulement Jésus est résidant et demeurant continuellement dans le Cœur de Marie, mais qu'il est lui-même le Cœur de Marie, le Cœur de son Cœur et l'âme de son âme, et qu'ainsi venir au Cœur de Marie, c'est venir à Jésus ; honorer le Cœur de Marie, c'est honorer Jésus ; invoquer le Cœur de Marie, c'est invoquer Jésus ? »


L’œuvre de Saint Jean Eudes est considérable. Outre l’organisation de nombreuses missions et la fondation de la Compagnie de Jésus et Marie (les Eudistes), Saint Jean Eudes créa, en 1641, la Maison de Notre-Dame du Refuge pour les femmes repenties ou les filles en difficulté. Il participa aussi à la fondation de plusieurs congrégations féminines dont: l’Institut de N. D. de Charité, la Congrégation de N. D. de Charité du Bon Pasteur, la Congrégation des Sœurs de la Providence d’Évreux. 


S. Jean Eudes, fondateur
Tableau de G. Francisi (1909)
Conservé chez les Eudistes de Charlesbourg (Québec)


Il crée en 1641, une société de prêtres dédiée à la formation des séminaristes, du clergé et aux prédications dans les paroisses : la Société des prêtres de Jésus et de Marie, aussi appelée « les Eudistes ». Il combat ardemment le mouvement du jansénisme et participe à la Contre-Réforme. Les Eudistes sont interdits à la révolution et reviennent en France en 1826.Il meurt à Caen en France. En 1925, il est canonisé par Pie XI.


Il n’est pas inutile d’indiquer que Saint Jean Eudes fut le contemporain de Louis XIII et de Richelieu, puis de Mazarin et de Louis XIV. Il connut certainement les travaux de Saint François de Sales puisqu’il eut des relations très étroites avec la Visitation mais il ne connut probablement pas Marguerite-Marie, car les révélations dont elle fut favorisée restèrent secrètes jusqu’à la publication, par le Père de la Colombière, du Journal des Retraites, en 1685, soit cinq ans après la mort de Saint Jean Eudes. Parmi d’autres contemporains célèbres on peut citer encore Monsieur Vincent, Jean-Jacques Olier, Descartes ou Galilée.

L’hérésie janséniste, commençait à se répandre en France, et déjà elle divisait le clergé. De 1649 à 1953 la Fronde fera des ravages en France, appauvrissant considérablement le pays déjà affaibli par des épidémies de peste. Il en résultera des révoltes paysannes durement réprimées. Il convient de noter également que les décisions du Concile de Trente (1545 - 1563) avaient encore été insuffisamment appliquées, notamment en ce qui concernait la création des séminaires pour la formation des jeunes prêtres.


Il semble à peu près certain que c’est Saint Jean Eudes qui inaugura le culte aux sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Les liens entre Jean Eudes et les Cœurs de Jésus et de Marie furent très étroits tout au long de sa vie.
Il institua la fête du Cœur de Marie et la fête du Cœur de Jésus et rédigea les Offices de ces deux fêtes.

À une religieuse de Montmartre, il écrit : « Le Divin Cœur de Jésus et de Marie est cette fournaise dont les feux et les flammes ne se repaissent que de cœurs. Oh ! qu'heureux sont les cœurs qui se perdent dans ces divines flammes. »



Dans la rubrique "Question de foi" vous trouverez un texte de Saint Jean Eudes sur l'oraison. ICI


Sources:
Voies mystiques

congrégation Eudistes

Irremplaçable oraison !

En ce jour, fête de Saint Jean Eudes, voici un texte à méditer sur l'oraison.


1. Le saint exercice de l'oraison doit être mis au rang des principaux fondements de la vie et sainteté chrétiennes, parce que toute la vie de Jésus-Christ n'a été qu'une perpétuelle oraison, laquelle nous devons continuer et exprimer en notre vie, comme une chose si importante et si absolument nécessaire, que la terre qui nous porte, l'air que nous respirons, le pain qui nous sustente, le cœur qui bat dans notre poitrine, ne sont point si nécessaires à l'homme pour vivre humainement, que l'oraison est nécessaire à un chrétien pour vivre chrétiennement.

2. L'oraison est une participation à la vie des anges et des saints, â la vie de Jésus-­Christ et de sa très sainte Mère, et à la vie de Dieu même et des trois personnes divines. 

Car la vie des anges, des saints, de Jésus-Christ et de sa très sainte Mère n'est autre chose qu'un continuel exercice d'oraison et de contemplation, étant sans cesse occupée à contempler, glorifier et aimer Dieu, à lui demander pour nous les choses qui nous sont nécessaires. 

Et la vie des trois personnes divines est perpétuellement occupée à se contempler, se glorifier et aimer les unes les autres, qui est ce qui se fait premièrement et principalement dans l'oraison.

3. C'est la parfaite félicité, le souverain bonheur et le vrai paradis de la terre, car c'est par ce divin exercice que l'âme chrétienne est unie à son Dieu, qui est son centre, sa fin et son souverain bien. 

C'est là qu'elle le possède et qu'elle est possédée de lui. C'est là qu'elle lui rend ses devoirs, ses hommages, ses adorations, ses amours, et qu'elle reçoit de lui ses lumières, ses bénédictions et mille témoignages de l'amour excessif qu'il a pour elle. 

C'est là enfin que Dieu prend ses délices en nous, selon cette sienne parole : « Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes », et qu'il nous fait connaître par expérience que les vraies délices et les parfaits contentements sont en Dieu, et que cent, voir mille ans des faux plaisirs du monde ne valent pas un moment des véritables douceurs que Dieu fait goûter aux âmes qui mettent tout leur contentement à converser avec lui par le moyen de la sainte oraison.

4.L'oraison est la vraie et la propre fonction de l'homme et du chrétien, puisque l'homme n'est créé que pour Dieu, pour être en société avec lui, et que le chrétien n'est sur la terre que pour y continuer ce que Jésus-Christ y a fait pendant qu'il y a été. 

C'est pourquoi je vous exhorte, autant qu'il m'est possible, et je vous conjure au nom de Dieu, vous qui lisez ces choses, puisque notre très aimable Jésus daigne prendre ses délices d'être et de converser avec nous par le moyen de la sainte oraison, de ne pas le priver de son contentement... 

Regardez cette affaire comme la première, la principale, la plus nécessaire, la plus pressée et la plus importante de toutes vos affaires, et dégagez, tant qu'il vous sera possible, des autres affaires moins nécessaires.

Saint Jean Eudes (1601-1680), La Vie et le Royaume de Jésus, II, § 11